Le couple éveillé (les magiciens)

J’ai souvent lu et partagé des textes sur le féminin sacré, la femme éveillée, ce genre de choses.
L’idée que la femme est ici pour faire changer le monde, pour créer, maintenant, grâce à ses choix, un futur qui ouvre de plus grandes possibilités. C’est une idée qui me parle fort.
Et lorsque tu t’es rapproché de moi, toi, l’homme, je t’ai invité dans cette danse. Et tu as dansé. Et c’était merveilleux. Et j’aurais voulu que ça continue toujours, et encore, et encore plus loin, et encore mieux, que ça continue…


Et puis à un moment tu as dit : « pause ». Et j’ai eu peur. Tout s’est figé.
J’ai eu peur parce que j’ai cru que tu ne voulais plus danser. Et tu es revenu. C’était une petite pause. Et nous avons continué à danser. Et plusieurs fois tu as fait de petites pauses, parce que je voulais t’emmener trop loin, trop vite, sur un chemin que tu n’avais pas choisi. Parce que tu n’avais pas encore choisi.


Et puis est arrivée une grande pause. Nous avions dansé, avec tellement de plaisir. Tu avais quitté des manteaux, tu t’étais libéré, et là tu arrivais devant un choix important. Un gros carrefour.
Alors tu as dit : « pause ».


Et la pause a duré.
Au début j’ai eu peur. Je suis restée figée. Et puis ça a duré. Alors j’ai traversé ma peur.
De l’autre côté, il y avait moi. Juste me poser, tranquille, avec moi. Ce que tu fais, toi, pendant tes pauses. Et ce que moi je ne savais pas faire, ne sachant que danser pour créer des possibles.
Au début, j’ai cherché d’autres partenaires pour danser, et regarde comme c’est bien fait ! Aucun n’était à ta hauteur. Avec aucun je n’avais envie de danser comme avec toi.
Alors je suis revenue à moi.
Dans le silence. Dans la solitude. Dans une économie de mouvement.
Et ça je peux le faire parce que je suis en sécurité. C’est toi qui a posé la clôture. Elle est solide. Et le portillon n’est pas fermé à clé.


Dans ce moment de solitude, de « sans toi », je me suis longtemps débattue, j’ai cherché des raisons, des torts que j’aurais pu avoir, je me suis beaucoup remise en question.
J’ai pu regarder en face mes vieux manteaux à moi, ceux que j’évitais de regarder, trop concentrée que j’étais sur les tiens.


Quel merveilleux équilibre ! Moi je t’invite à danser et toi tu m’invites à me poser.
Et parfois nous inversons les rôles 😄.
Qu’est-ce que j’aime ça, être en relation avec toi !

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