Feu mon soutien-gorge et moi  18

Mon soutien-gorge et moi, on a rompu

Cet article est un partage de mon expérience : celle d’une mère de plus de 40 ans à la poitrine généreuse, qui a décidé de se passer de soutien-gorge. Il est juste cela. 🙂

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Mon soutien-gorge et moi, une longue histoire, et solide !

J’ai ce qu’on appelle communément « une forte poitrine ». Un 95E qui tendrait parfois vers le F – oui, ami lecteur, ça existe ! 🙂

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai porté des soutiens-gorge à armatures et ce que je leur demandais, surtout ces dernières années, c’était d’être confortables et parfois « invisibles » (sous des robes « près du corps »). Et réalité, ils n’étaient ni confortables, ni invisibles. Mais je pensais qu’ils l’étaient, et cela me suffisait.

J’ai eu une période – jeune adulte – où j’ai porté pour le fun des Wonderbra, et où certains hommes avaient du mal à me regarder dans les yeux – j’ai dit « les yeux » 😉 Il faut dire que je les portais avec des robes au décolleté pigeonnant – ben oui, sinon c’est pas drôle 😀

Ça m’a fait sourire, de repenser à cette période.

Le temps a passé, et j’ai eu trois enfants. J’ai eu à cœur de les allaiter, et de les allaiter longtemps. Un jour, j’ai calculé que j’avais passé sept ans de ma vie à allaiter. Inutile de vous dire que pendant ces périodes, j’explosais littéralement le bonnet E – heureusement, l’industrie du textile a de la ressource !

Bref, tout ça pour vous dire que quand j’ai commencé à lire des articles sur :

  • les méfaits supposés du soutien-gorge sur la santé des seins,
  • les bénéfices de vivre sans : respiration plus libre, meilleure circulation de la lymphe, amélioration du tonus de la poitrine…

je rigolais doucement en regardant mes seins pas très vaillants. « OK, ça c’est pour les filles qui font du A ou du B, mais pas pour moi, non merci ».

Aucun dédain dans mon propos, ne vous méprenez pas, mes SoeursReines. Je sais très bien que la seule différence entre la taille de nos bonnets tient au fait que mon corps a choisi de stocker la graisse à cet endroit-là – bon, à d’autres aussi, je vous rassure 😉 – et c’est tout. Niveau glandes mammaires, nous sommes toutes à égalité, sachez-le bien.

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Quand la femme sauvage pointe le bout de son nez (qui a dit « de son téton » ? je vous ai entendu !)

Et puis, bon, j’ai avancé sur mon chemin de reconnexion à ma nature féminine profonde – celui-là même sur lequel je vous accompagne. J’ai testé le flux instinctif, la reconnexion au cycle menstruel, les protège-slips lavables, la vulnérabilité, l’accueil… Bref, il ne me restait plus que le soutien-gorge, quoi ! 😀

Le doute s’était insinué en moi… avais-je vraiment besoin de cet ustensile ?

Alors, Facebook s’est mis de la partie. En quelques jours, il m’a bombardé d’articles sur le sujet. Ni une, ni deux, j’y ai vu un signe, et j’ai sauté le pas !

J’ai quitté mon soutien-gorge le 19 avril – en écrivant ces mots, mon tableau de la Nouvelle Lune d’avril me revient ;  cette phrase surtout : « rompre, mode d’emploi ». J’ai quitté mon soutien-gorge le 19 avril 2016, à l’heure du thé – l’heure de la Vessie en Médecine Traditionnelle Chinoise, organe qui symbolise le contrôle. J’ai quitté mon soutien-gorge le 19 avril 2016, à l’heure du thé, sous une statue de la Vierge. Est-ce qu’elle en portait, elle, un soutien-gorge, hein ?!

Mon soutien-gorge et moi

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Le regard de l’autre (Ouille !)

J’étais seule, en vacances, et il faisait encore un peu frais, donc je portais plusieurs couches de vêtements… Parce que très vite, le problème que j’avais avec mon soutien-gorge, ou plutôt avec son absence, est apparu… dans le regard de l’autre. Ou plus exactement dans le regard que je craignais de l’autre. De n’importe quel autre. Et même, je dirais pour l’instant, dans le regard des autres femmes.

Alors là, je dois te l’avouer ami lecteur, avant passer le pas, je me suis surprise à loucher quelquefois sur la poitrine libérée de certaines femmes, d’une façon très peu discrète, je le crains. Je leur présente ici mes excuses les plus plates. Je crois que, vraiment, ça m’interpellait, cette histoire…

Donc, ma première crainte a été « le regard réprobateur ». Complètement en phase avec mon sujet d’expérience en ce moment : l’amour de moi. Tout est OK. 🙂

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Mon ressenti (Soupir d’aise)

Sinon, du point de vue des sensations, du ressenti, de l’intérieur, c’est tout positif ! Je craignais un peu des douleurs, des tensions… rien du tout ! Même quand je me suis lancée à la poursuite de mes garçons, en manière de jeu, le week-end dernier – c’est mon seul sport, je le précise 😉

Toutefois, j’ai passé quelques étapes intéressantes : le T shirt un peu (trop ?) fin et relâché, la robe moulante, le T shirt sans gilet par dessus… Des petit challenges, bien négociés.

Aujourd’hui, à J+21, voilà ce que je peux en dire :

  • j’apprécie de respirer avec une cage thoracique mobile – j’ai essayé de remettre un soutien-gorge au bout d’une semaine, j’ai tenu 5 mn. C’était le premier jour de mes règles… à creuser.
  • je ressens une joie profonde de voir que je me tiens beaucoup plus droite. J’avais une grande tendance – et qui m’énervait – à me tenir voûtée.
  • ma poitrine change de forme, se tonifie. J’ai la sensation qu’elle est redevenue vivante. Alors, j’ai pris des photos, pour comparaison – c’est mon côté Saint-Thomas 😉 – à J+2 et à J+15, mais je n’ai pas pensé à les prendre habillée 🙂 Du coup, je ne peux pas vous les montrer 😉
  • ce que j’apprécie le plus, c’est de retrouver mes épaules entières – lorsque je portais un soutien-gorge, elles étaient coupées en deux, et même déformées par la bretelle. Ça, c’est le cadeau auquel je ne m’attendais pas du tout. Gratitude !
Mon soutien-gorge et moi, on a rompu
« Les seins ne connaissent qu’une seule concurrence ; ils se mesurent aux rondeurs des épaules, qui sont d’autres seins mais plus durs, mais plus durables et meilleurs. » Ramon Gomez de la Serna, Seins

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La suite ?

Voilà ce que je peux dire après 3 semaines sans soutien-gorge.

On dit que 3 semaines, c’est le temps qu’il faut pour perdre une habitude. J’avais à cœur de vous partager mon expérience, parce que je n’ai jamais lu un témoignage venant d’une personne à la poitrine généreuse.

Ah oui ! Ce qui m’a fait rire aussi, c’est que, comme pour le flux instinctif, à partir du moment où j’ai commencé à en parler autour de moi, plusieurs femmes m’ont dit : « Ah ben oui, moi aussi j’ai arrêté d’en porter ! » ou « Dès que je rentre chez moi, je l’enlève« … ce qui me conforte dans l’idée qu’il est juste que l’information circule.

A l’heure qu’il est, je ne sais pas si cet article aura une suite. Il me reste quelques challenges à accomplir, notamment mon premier concert sans soutien-gorge… Ah ben tiens, justement, c’est demain !

Ah et puis, j’ai fabriqué un macérât de pâquerettes de mon jardin, qui doit patienter encore 2 lunaisons dans le noir de mon placard. Je vous en dirai des nouvelles.

mon souitne-gorge et moi, macérât de pâquerettes

Et vous, MaReine, c’est quoi votre histoire avec votre soutien-gorge ?


A propos d’Aurélie

J’accompagne les mères actives « dans tous leurs états » à redevenir zen, en se reconnectant à leur nature féminine profonde.

Je vous aide à retrouver votre puissance, et à porter haut votre couronne, MesReines.

18 Comments

Merci Aurélie pour ce partage d’expérience plein de finesse et d’humour. J’ai une poitrine du genre généreux…mais j’ai envie de tenter l’expérience…le plus difficile sera de danser sans, enfin je pense.
Allez je file dans la salle de bains retirer ce machin !

Bonjour … merci pour ce témoignage … ça fait presque un an que je n’en porte plus et franchement … rien que l’idée de remettre un soutien me donne quasi la nausée … j’ai bien conscience que les gens visent bas lorsqu’ils me regardent … à croire que mes yeux sont descendus d’un étage … mais qu’importe … je me sens libre.

Un grand merci pour votre témoignage Aurélie 🙂
En cette année 2016 (déjà bien entamée!) l’information commence à bien circuler concernant les méfaits du soutien-gorge. Et pour cause, à la base il n’y a n’a rien de foncièrement naturel à maintenir la poitrine autant verrouillée…
De ce que j’ai compris (et observé), se sont surtout les femmes qui jettent des regards réprobateurs sur les seins en liberté, jusqu’à semer le doute dans l’esprit de celles qui veulent simplement se sentir bien. C’est dommage car c’est une forme d’autocensure au final assez délétère…

Concernant mon expérience personnelle, je suis un homme et il m’est arrivé d’aller courir accompagné d’une amie qui souvent ne porte pas de soutien-gorge, même pour courir justement. Sa poitrine est menue, mais on devine qu’elle n’en porte pas, et quand elle court, ses seins rebondissent un peu. Certains hommes regardent (jusque là rien d’anormal), mais j’ai remarqué aussi plus souvent que les femmes bloquent littéralement. Comme si cela sollicitait toute leur imagination et leur esprit. Comme si c’était incompréhensible, risqué, impossible, etc. Je dois bien avouer qu’il y a un côté amusant à les voir cogiter ainsi 😉 ça doit les travailler énormément haha!

En tout cas je reste très optimiste, la tendance est à la libération et à un retour à plus de naturel. Les témoignages comme le votre se multiplient 😉
Pour me faire un peu de publicité (on peut?^^) j’ai réalisé un blog dédié aux méfaits des soutien-gorges : http://www.freetheboobies.fr et j’ai réuni déjà un certain nombre de témoignages. Je pense faire un lien vers le votre, ça ne vous déranges pas?
bonne continuation pour votre activité!

Youhou ! Le premier commentaire masculin sur ce blog, ça se fête !!
J’ai adoré la phrase « Certains hommes regardent (jusque là rien d’anormal) » 😀
J’ai visité votre blog, Liberté, et j’ai bien aimé.

Un tout grand merci Liberté pour ce témoignage, pour votre Blog et merci Aurélie pour cet article, plein d’humour qui permet de faire passer l’info tout en douceur…
Pour ma part, j’ai lâché le soutien gorge il y a 3 ans non sans craintes, après avoir « tâté le terrain » auprès d’amies…: « c’est quoi pour toi une femme sans soutien gorge? » réponse, « une salope, une fille facile … » Euhhh et bien, je suis donc une salope lol.
c’était trop marrant de voir leur gène et, en même temps triste de voir à quel point nous sommes formatées à nous cacher derrière toutes sortes de « béquilles » même parfois très belles qui nous empêchent d’être…
Après un mois sans, plus moyen d’en remettre car j’étouffais… c’est là qu’on se rend compte à quel point le soutien gorge nous « coince ».
Pour ma part, j’ai plutôt une petite poitrine qui, malgré sa petite taille, avait tendance à tomber. je mettais donc des soutiens gorge à armature rembourrés !!!Car pas moyen de trouver autre chose, à nouveau « beau  » message (est-on une femme quand on à une petite poitrine?)
Pour ma part, c’est un ami qui m’a aidée à m’en débarrasser en me prêtant un livre sur le sujet et en me posant une question par rapport à l’utilité de mettre des « mousses » pour me cacher, tricher…
Par contre, je porte encore des brassières légères une taille plus grande (je porte des vêtements M et prend des brassières L) en été quand j’ai un ti-shirt fin ou un décolleté ce qui me permet d’être à l’aise et de ne pas me sentir coincée à vérifier si je n’ai pas un sein qui dépasse ou…LOL sans doute arriverais-je à passer le cap quand j’aurais travaillé complètement la confiance en ma capacité à assumer pleinement ce choix
J’ai également de plus en plus d’amies qui font ce choix de se libérer et avec qui nous pouvons partager nos expériences, ressentis ce qui aide beaucoup
Au plaisir de vous lire
Carine Sourialavie

Oh la ! Quelle richesse dans ce message ! Merci Carine 🙂
Il y a effectivement un sacré boulot à faire sur nos croyances avant de quitter ou lorsque l’on quitte le soutien-gorge. J’ai fait la même expérience avec la culotte, et étonnamment, alors que ça pourrait être encore plus critiquable (on parle quand même de fesses, là 😀 ) eh bien, cela passe inaperçu. Parce que, quand je ne porte pas de culotte, il n’y a que moi qui le sache. Ça ne se « voit » pas.
En ce qui concerne ma garde robe, j’affine. J’ai remarqué que je suis plus à l’aise avec certains types de décolletés. Et mon ressenti des matières des vêtements est devenu beaucoup plus fin.
Finalement, je trouve que le fait de ne plus porter de soutien-gorge me ramène davantage à qui je suis vraiment.

Bonjour!

Merci pour votre témoignage, moi aussi j’en porte de moins en moins… J’ai une poitrine généreuse aussi, et je vous comprends tellement!

Pour moi, qui suis inactive professionnellement pour le moment, c’est facile, je me demande si je ne vais pas craquer en retournant dans cette vie là…
Mais l’inconfort est tellement désagréable que je pense que je ne le garderai pas!
Une question: avez vous jeté vos soutien gorges?
Bonne journée à vous! Et merci encore!

Non, pas encore… En même temps, ils sont en fin de vie, je ne vais pas pouvoir les donner.
Les vendre aux enchères peut-être ? 😉

J’adorerais….j’ai essayé…j’ai aimé….j’ai été gênée….de ce regard trop bas….la croyance de l’impudence est tenace….coriace…mais je ne vis mal de cacher ces seins comme s’ils étaient coupables….

Merci Laurette. Je pense – en fait, je le découvre, plutôt, grâce à tous les témoignages que je reçois depuis mon partage – que les seins, pour une femme, c’est pas rien ! Reliés au chakra du cœur – notre pôle émetteur d’après Jean-Philippe Ruette 😉 – mais aussi à la maternité, à la nourriture mais pas seulement, aussi aux câlins de maman, qui nous prenait contre sa poitrine, symbole sensuel, sexuel que l’on cache, que l’on idéalise, donc que l’on fantasme – hommes et femmes.
J’ai découvert il y a peu un site avec des photos de seins « normaux », et je me suis dit qu’à part les miens 😀 , je n’en avais jamais vu de normaux. Je n’avais vu que les seins « parfaits » des doublures « seins » ou des mannequins « seins » – savez-vous qu’il existe des mannequins « mains » qui ont de « jolies » mains, des mannequins « pieds » qui ont de « jolis » pieds, etc ? Et que le tout mis ensemble n’est qu’une construction de l’esprit !
Donc, je crois qu’il est temps d’enlever tous ces fantasmes de notre corps, et c’est sûr que, pour les mains ou les pieds, c’est peut-être plus facile… quoique ! 😉

Merci… J’ai enlevé les baleines de mon soutien-gorge préféré (le plus confortable, couleur chair) mais c’est pas to p du tout ! A l’heure du thé, je le vire définitivement. Oh et puis maintenant , tiens ! Allez hop ! Et voilà c’est faiiiiiiiiiiiit ! Ouf. Bravo aussi Aurélie pour votre talent « littéraire » Pour une fois, je n’ai pas lu en diagonale…!

Perso, cela fait 10 ans que je n’en mets plus. Cela m’a pris quand j’étais en Australie, qu’il faisait si chaud et que ça transpirait au niveau des baleines. Jamais je n’en remettrais un!

Merci Florence. Je comprends le « jamais je n’en remettrai un ».
J’ai essayé, et j’ai tenu 5 mn. 🙂
Mais du coup, c’est vrai que j’ajuste ma garde-robe en conséquence.

merci Aurélie pour prôner la liberté du corps et particulièrement celle des seins; en tant que naturiste, j’ai toujours milité pour une poitrine libre et naturelle en dehors des normes que nous impose la société castratrice; Bien amicalement.
PS: j’ai habité 20 ans à Fontenay au ¨Parc Montaigne, j’habite désormais à Gruissan au soleil.

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